Seule l’étude de la culture universelle développe l’intellect

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Seule l’étude de la culture universelle développe l’intellect (Conférence à l’EHTP) (Rahman Nouda) (V6).pdf

Seule l’étude de la culture universelle développe l’intellect (V.4) ‘

  Par Rahman Nouda

Conférence de Rahman Nouda, tenue à l’École Hassania des Ingénieurs des Travaux Publics (EHTP), à Casablanca, le samedi 28 avril 2018, de 16 h à 19 h.

Sujet (choisi par les étudiants) : Influence de la lecture et de la culture sur le développement de l’intellect.

[‘The power of literature: developing an intellectual mind’. Influence of reading and culture on the development of the intellect.]

الموضوع بالعربية: تأثير القراءة والثقافة على تنمية العقل.

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Table des matières :

1- Qu’est-ce que la ‘lecture’ ?. 2

2- Qui peut devenir écrivain ? Ambitions et objectifs. 2

3- Crise de la lecture, et Crise de la Culture. Raisons et solutions (au Maroc et dans le monde) : 3

4- Pourquoi lire ?. 5

6- Comment utiliser la technologie pour lire ?. 8

Annexe sur la “Culture”() 9

  1. Qu’est-ce que : se cultiver ? élargir sa culture ? 9
  2. Définition d’une personnes cultivées : 10

Définition de la culture : 11

Quelle est la différence entre ‘culture’ et ‘arts’ ?  11

Annexe sur ‘l’aliénation’() : 12

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Le modérateur présente les conférenciers, et leurs parcours.

1- Qu’est-ce que la ‘lecture’ ?

1.1- Définition de ‘la lecture’ : Lire c’est accéder au patrimoine culturel écrit de l’humanité.

1.2- Complexité de l’expérience de la ‘lecture’ : On ne ressent vraiment la ‘lecture’ à travers la pratique. Mais la lecture est difficile à expliquer.

1.3- Ne peut connaître l’expérience de la ‘lecture’, que celui qui a senti la différence entre lire des livres courants, et lire un ou plusieurs livres de haut niveau, de grande qualité, des chefs-d’œuvre.

1.4- Dans la Culture, la ‘Référence’ (la base des données culturelles) n’est pas le Pays, la Patrie, la Communauté, ou la Nation, mais l’Humanité entière.

2- Qui peut devenir écrivain ? Ambitions et objectifs.

2.1- On ne choisit pas d’être écrivain, mais on le devient, par la pratique, par la persévérance dans la lecture, et dans l’écriture d’essais critiques et innovants.

2.2- Si une personne a souvent des idées nouvelles et intéressantes à dire à son entourage, alors elle pourrait essayer d’écrire, et même publier ses écrits. Mais si cette personne est conformiste, si elle ne fait que reproduire les idées qui sont courantes dans sa société, ou pendant son époque historique, il vaut mieux que cette personne n’écrive pas, et ne publie pas.

2.3- Ne peut bien écrire que celui :

– qui a vécu des expériences intéressantes,

– qui lit beaucoup d’ouvrages de bonne qualité,

– et qui a un sens aigu de l’observation, de l’analyse, de la critique et de l’innovation.

2.4- Qui peut devenir un bon écrivain ? Les personnes qui n’ont aucune chance de devenir de bons écrivains, ce sont les personnes qui n’ont pas suffisamment de courage pour défendre des idées nouvelles, critiques, créatives et progressistes. (Exemple : l’écrivain marocain Choukri est devenu mondialement connu, malgré l’interdiction de son livre ‘le pain nu’ au Maroc, seulement parce qu’il a osé écrire ce que beaucoup ne peuvent pas dire).

2.5- Que faut-il pour être un bon écrivain ? Il faut être un “intellectuel organique (مثـقّف عضوي) de son peuple, de son époque historique, et de toute l’humanité.

2.6- Quelle est la fonction d’un bon écrivain, ou d’un “intellectuel organique” ? C’est d’étudier la culture universelle, de l’assimiler, de la critiquer, de l’enrichir, de la renouveler, et de la diffuser le plus largement possible. La culture est le patrimoine humain universel des connaissances précises.

 

3- Crise de la lecture, et Crise de la Culture. Raisons et solutions :

3.1 – Chaque fois que la lecture est insuffisante, alors c’est l’ignorance qui tend à dominer.

3.2 – Définition de ‘crise de la lecture’ : Quand une majorité de citoyens lit peu d’ouvrages par rapport à la quantité d’ouvrages qu’il est souhaitable ou indispensable de lire, alors on peut parler d’un certain genre de ‘crise de la lecture’. Cette ‘crise de la lecture’ existe dans tous les pays, mais avec des degrés divers, en passant d’un pays à un autre.

Proposition d’une mesure quantitative de lecture :

– Lecture de 0 livres/an = ignorance.

– Lecture d’environ 4 ou 5 livres/an = passable.

– Lecture de 10 livres ou plus /an = excellent.

3.3– Facteurs explicatifs classiques de la ‘crise de lecture’ (Premier degrés dans l’analyse des Facteurs négatifs) :

– Livres chers ;

– Manque de temps pour lire ;

– Dévalorisation de la culture (dans les pays musulmans);

– Aversion islamique envers les cultures occidentales ou non musulmanes;

– Evitement de l’effort fatigant de lecture ;

– L’école n’apprend pas aux élèves ‘comment apprendre’ ;

– Au Maroc, les bibliothèques publiques sont extrêmement rares. Officiellement, il existe plus de 450 bibliothèques publiques, mais elles ne méritent pas l’appellation de «bibliothèques publiques». Il existe seulement 2 grandes vraies Bibliothèques publiques (la Bibliothèque Nationale de Rabat, et la bibliothèque du Roi Abdoulaziz Al Saoude à Casablanca [مؤسسة الملك عبد العزيز آل سعود للدراسات الإسلامية والعلوم الإنسانية]. Seulement 850 mille documents). Ces 2 bibliothèques sont ouvertes aux universitaires, et non au grand public. Si l’État (ou les citoyents) finançaient les bibliothèques publiques autant que les mosquées, le niveau culturel des citoyens ne serait pas si médiocre.

– Les donateurs soutiennent la construction des mosquées, mais pas des bibliothèques publiques.

– Le système actuel d’Edition des livres freine la diffusion des livres (contrat exclusif entre auteur et éditeur ; l’éditeur s’approprie l’ouvrage, ainsi que le droit exclusif de le diffuser ; après une première édition plus ou moins fructueuse, il devient interdit à l’auteur [ou à un autre éditeur choisi par l’auteur] de rééditer le livre concerné).

– Dans certains pays, les lois couvrant les droits d’auteur, et les droits d’éditeur, décrètent le passage des œuvres dans le domaine public après 20 ans d’exploitation. Hélas, même 20 ans après la première publication d’un livre donnée, cette loi (qui régit le passage des ouvrages de culture dans le domaine public) ne s’applique pas. Ainsi la réédition par l’auteur, ou par un autre éditeur, ou le partage de l’ouvrage à travers Internet, restent illégaux, ou non permis.

– Les Distributeurs posent un grand problème : (à cause du capitalisme) ils exigent 40 à 50 % du prix de vente des livres. Ce qui pousse les prix de vente des livres vers le haut. Conséquence : les livres deviennent inaccessibles.

3.4 – Facteurs Explicatifs profonds de la crise de lecture (Deuxième degrés dans l’analyse des Facteurs négatifs) :

– Le mode de production capitaliste prend au salarié tout son temps disponible, et ne lui laisse pas de loisirs pour s’auto-cultiver, ou pour faire sa propre formation continue. Le capitalisme veut des salariés robots, pas des citoyens libres, éduqués et autonomes. L’efficacité du capitalisme veut des citoyens spécialisés, non des citoyens cultivés et libres.

Un homme sans ‘temps libre’, ne peut pas être libre.

– Dans le capitalisme, l’homme moderne vit pour travailler, au lieu de travailler pour vivre.

– Nouveau facteur spécifique dans les pays musulmans : L’idéologie islamique intégriste est dominante. Elle promeut ‘l’ignorance sacrée’ (Voir l’ouvrage d’Olivier Roy sur mon blog). Peur de la philosophie. Et même bannissement de la philosophie (شبه تحريم الفلسفة) de l’enseignement, et des media.

Parmi toutes les idéologies existant dans le monde entier, l’idéologie islamiste intégriste est celle qui combat le plus la culture.

– Dans les pays musulmans, les États évitent leur devoir de contribuer à la traduction des livres de qualité publiés dans d’autres pays.

Conclusion partielle : Une personne ne peut s’auto-cultiver si elle ne fait pas de cette auto-culture un devoir personnel de militance, durant toute sa vie.

4- Pourquoi lire ?

Pour expliquer pourquoi il faut lire, nous devons revenir aux notions fondamentales.

4.1- Postulat 1 ; L’homme est un être social. (Il ne peut exister, ou se développer, qu’en société. D’où Importance de la complémentarité et de la solidarité entre les membres de la société).

Postulat 2 : La qualité la plus précieuse chez l’homme est son aptitude à élaborer des réflexions rationnelles. (نُسمّيه في اللغة العربية بمصطلح : العقل). Equivalent de : l’ ‘Esprit’, ou la ‘raison’, ou le ‘mental’, ou l’ ‘intellect’. La Faculté de connaître, qui diffère de la sensation, et de l’intuition. L’ingéniosité de la pensée, qui permet de comprendre, de concevoir, de créer, d’organiser, ou de produire. L’ensemble des idées qui oriente les actions d’une personne, ou d’un groupe.

Postulat 3 : Le lieu de ‘l’intellect’ est le cerveau (non le cœur).

Postulat 4 : Il est possible de développer ‘l’intellect’ par l’apprentissage et l’exercice. C.à.d. par l’enseignement, la formation, l’éducation, et la production de la culture. Et la lecture d’ouvrages de qualité (=patrimoine culturel) est parmi les voies les plus importantes pour s’auto-cultiver.

Beaucoup de citoyens savent qu’on peut développer le corps, ou le fortifier, par l’alimentation, la musculation ou les sports, mais ils ne veulent pas prendre en compte, qu’on devrait aussi veiller à développer l’esprit, par des études culturelles.

Implication : A l’image d’un principe découvert par Charles Darwin, un organe (du corps) qui travaille se développe. [Un cerveau qui se cultive se développe]. Au contraire, un organe qui ne travaille pas s’atrophie. (Comme dans la musculature, ou les sports).

(Cette implication est contraire aux croyances populaires : des personnes du peuple supposent que faire travailler le cerveau, ne le développe pas, mais provoque son usure, ou sa destruction)([1]).

4.2 – Pourquoi lire ? Exemple : Si Rahman Nouda a mis 18 ans pour exprimer le concentré de sa vie dans son livre ‘Le Sociétal’, alors que vous, vous pouvez lire ce livre, et profiter de son contenu, en seulement 7 ou 10 jours. Et cela est vrai aussi pour la majorité des livres.

4.3 – Entre les années 1990 et 2017, la recherche scientifique sur le cerveau (aux USA, Allemagne, etc) a progressé de manière importante. On comprend et on soigne beaucoup mieux le cerveau qu’avant, même si ce qui reste à découvrir est beaucoup plus important.

4.4 – Représentation (schématique ou approximative) de la structure de ‘l’intellect’ : (elle rappelle la structure de l’ordinateur, ou d’un Smart Phone) :

L’intellect se compose des parties suivantes :

* Le hardware (le cerveau, ses zones, ses neurones, ses connexions, etc) ;

* Les softwares et les applications (traitement de la vue, de l’ouïe, de la marche, des souvenirs, des connaissances, etc ) ;

* Le système d’exploitation des données (Operating System), (منظومة معالجة المعطيات). Il concerne la manière de réfléchir.

* Au moins 3 ou 4 genres de mémoires (mémoire temporaire ; mémoire de stockage à long terme ; mémoire d’écriture, lecture et réécriture ; mémoire de cache ; etc).

* Les datas, ou les observations, les connaissances à traiter, etc ;

L’enseignement, l’éducation, la formation, et la culture, contribuent tous à améliorer toutes ces composantes de la structure de ‘l’intellect’.

4.5- Dans mon livre en langue arabe «Critique du peuple», j’ai découvert et expliqué qu’une partie importante du peuple ne sait pas comment réfléchir correctement. A cause du manque d’une culture de qualité.

Ce manque de culture provoque, à la fois au niveau de la personne concernée, et au niveau du PIB national,  un manque à gagner qui peut se chiffrer par des sommes d’argent énormes. Cela se répercute aussi sur la qualité de la vie de l’individu concerné, de la collectivité, et de la société.

4.6- La lecture d’ouvrage de haute qualité (patrimoine de l’humanité) est l’une parmi les meilleures voies qui permettent d’accéder à la culture. Si un homme ne lit pas pour s’auto-cultiver, il perd son humanité, il s’aliène, sans s’en rendre compte. Et il devient manipulable comme un animal domestique, ou comme un robot. Il ne porte pas une part suffisante du patrimoine culturel de l’humanité. Il ne réagit pas de façon critique et créative. (Pour s’en rendre compte, il suffit d’observer les différents types de personnes existant dans votre entourage social).

4.7- Contrairement aux conceptions religieuses, le patrimoine culturel de l’humanité n’est pas limité, fini, fixe, figé, sacré, ou absolu. Au contraire, il est universel, cumulatif, évolutif, relatif, contradictoire, historique, améliorable, et extensible.

4.8- Contrairement aux apparences, il n’existe pas plusieurs sciences, ou plusieurs genres de connaissances scientifiques, mais il existe une science, ou une connaissance, à l’image de la réalité objective qui est une, unique, et indépendante de notre intellect. C’est seulement par commodité pratique que les hommes ont divisé l’investigation scientifique en plusieurs domaines, ou disciplines, ou spécialités.

Conséquence : Pour que la connaissance, ou la culture, soient efficientes, elles doivent être générales, ou universelles. Cela veut dire que les connaissances d’une personne cultivée doivent englober le maximum possible de disciplines, et le maximum possible du patrimoine culturel de l’ensemble de l’humanité.

L’école et l’université prépare le citoyen à une spécialisation, mais elles ne lui donnent pas une culture générale suffisante.

5 – Que lire ?

5.1- Nous refusons de dire : «il faut lire tel auteur, et pas tel autre». Chacun est libre de lire ce qu’il veut. L’important n’est pas tant de sélectionner sa lecture, mais de ne jamais s’arrêter de lire.

5.2- Il faut faire une distinction entre les ouvrages courants, et les ouvrages de grande qualité. Seules les personnes les plus cultivées connaissent ces ouvrages de grande qualité.

5.3- Vu que les ouvrages de grande qualité sont rares, et difficilement accessibles (surtout dans les pays en voie de développement), la meilleure tactique consiste à lire le maximum possible parmi tous les ouvrages de qualité que nous puissions rencontrer, ou auxquels nous pouvons avoir accès, au cours de notre vie.

5.4- Si nous manquons une occasion de lire un ouvrage de qualité, nous risquons de ne plus pouvoir retrouver une occasion semblable.

6- Comment utiliser la technologie pour lire ?

6.1 – Il existe des ‘Applications’ pour télécharger des livres. Mais leur caractère capitaliste (but=profit, non la diffusion de la culture) les disqualifie.

6.2 – Technique de ‘Speed Reading’. Technique pour lire un ou plusieurs livres par jour.

Problème : Dans ce cas, la qualité de l’assimilation tend à devenir superficielle.

Autre vision : Préférer la qualité de la lecture sur sa vitesse ; et préférer la qualité des connaissances lues sur leur quantité. ‘Mieux vaut avoir une tête bien faite, qu’une tête bien pleine’.

أنظر كتاب ”كيف تقرأ كتابا”، (موريتمر آدلر وتشارلز فان دورن).ء.pdf

ترجمة طلال الحميصي. موجود على مدوّنة رحمان النوضة (http://LivresChauds.Wordpress.Com).

طُبعت الصيغة الأولي في عام 1940. ونشرت الترجمة العربية في 1995.

6.3- Internet = Révolution culturelle. Numérisation des données = leur dématérialisation ; Facilité et rapidité du partage.

L’internet devient un gisement immense et universel des données, des connaissances, et mêmes des livres.

Mais l’Internet comporte des aspects positifs et des aspects négatifs.

Exemple d’aspect négatif : concurrence acharnée entre les différents fournisseurs de données, les fournisseurs de services, etc. Chacun parmi ces fournisseurs veut imposer son influence sur le maximum possibles d’esprits dans le monde.

6.4- La Numérisation des livres facilite leur diffusion. Google a scanné plusieurs millions d’ouvrages, de plusieurs bibliothèques prestigieuses existant dans le monde.

A cause de la prédominance du capitalisme, la majorité de ces livres ne sont accessibles de façon gratuite, ou facile. (Même si ces livres datent de plus de 20 ans).

5.4- Traduction : Après une trentaine d’années de recherche, il existe aujourd’hui des logiciels de traduction électronique (le meilleur est Google Translate). Même si ces logiciels ne sont pas parfaits, la traduction des livres devient ainsi plus facile et plus rapide qu’avant.

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Annexe sur la “Culture”([2])

  1. Qu’est-ce que : se cultiver ? élargir sa culture ?

Pour illustrer cette idée, imaginez par exemple une personne dont la profession est ‘médecin’. Lorsque ce ‘médecin’ lit des livres sur la médecine, il ne fait pas un ‘travail culturel’, mais il élargit sa formation professionnelle. Tant que sa formation reste limitée à sa profession, sa culture reste limitée, faible ou pauvre. Mais si ce ‘médecin’ lit par exemple des livres sur la sociologie, nous disons qu’il fait un ‘travail culturel’, ou qu’il pratique ‘l’auto-éducation’.

Imaginez maintenant une personne travaillant comme ‘professeur de sociologie’. Quand ce professeur lit des livres sur la sociologie, il ne fait pas un ‘travail culturel’, mais il approfondit sa spécialisation professionnelle. Sa culture reste ainsi limitée ou faible. Par contre, quand un ce professeur de sociologie lit par exemple des livres sur la médecine, nous pouvons dire qu’il fait du ‘travail culturel’, ou de ‘l’auto-éducation’.

Donc, Se cultiver, ou ‘s’auto-éduquer’ : Cela signifie que nous étudions des connaissances qui se situent en dehors de notre profession, ou de notre spécialisation. Parce que la ‘culture’ d’une personne déterminée vient de l’étude, ou de l’assimilation, de connaissances qui se trouvent au-delà des exigences de sa profession, ou de sa spécialisation, ou au-delà des besoins de sa vie quotidienne.

Ainsi, une personne cultivée est celle qui s’efforce continûment d’assimiler le maximum possible parmi l’ensemble du patrimoine des connaissances de toute l’humanité, anciennes et modernes.

  1. Définition d’une personnes cultivées :

Une personne cultivée, ce n’est pas une personne qui sait seulement lire et écrire, ou qui a obtenu seulement des diplômes professionnels, ou universitaires, ou une spécialisation approfondie. Mais c’est une personne qui étudie et assimile, de façon continue, de vastes connaissances, dans de nombreux domaines différents, et qui s’efforce d’utiliser ces connaissances pour éclairer les autres citoyens, et qui s’efforce de porter le flambeau d’une conscience humaine, vive, et critique.

La culture ne lutte pas seulement contre l’ignorance, mais elle lutte aussi contre l’aliénation([3]), l’injustice, le communautarisme, l’exploitation de l’homme par l’homme, et toutes les autres violations des droits de l’homme.

Beaucoup d’acteurs dans notre pays donnent au concept de “culture” un sens incomplet, ou dévoyé, ou opportuniste, ou faux. Alors, qu’est-ce que la culture ?

Définition de la culture :

La culture est ce qui s’acquière essentiellement par l’apprentissage, l’assimilation et le développement, de la plus grande partie possible du patrimoine intellectuel écrit, qui a été produit par l’ensemble de l’humanité, à travers toute l’histoire (non seulement dans notre pays, mais partout à travers le monde).

Il est erroné de limiter la culture aux acquis d’un prétendu patrimoine culturel «national», ou «religieux».

La partie fondamentale de la culture, c’est la culture écrite. Et les composants les plus importants de la culture sont: la philosophie, la logique, la littérature, l’histoire, le droit, les sciences précises, les sciences humaines, la sociologie, les sciences politiques, etc. Toute culture dans laquelle ces matériaux de base font défaut reste immature, ou futile, et peut conduire à l’aliénation(2) de l’homme, et à la facilité de sa manipulation.

Un “expert”, ou un “savant spécialisé”, n’est pas forcément “cultivé”! Parce que toute «culture» qui reste enfermée dans un champ étroit de spécialisation, ne peut pas accéder à un niveau important de vastes connaissances, ou de conscience globale, ou de vision proactive!

Le noyau de la culture réside dans la pensée rationnelle critique. Et sans cette pensée rationnelle et critique, la «culture» devient une perversion, ou un délire, ou une “aliénation”. Et si la pensée critique devient faible, ou absente, alors l’ignorance, ou l’aliénation, submergent rapidement tout.

Par sa nature même, la «culture» devrait être ouverte, diversifiée, contradictoire et évolutive. Si la culture n’est pas ainsi, elle perd le statut de “culture”.

Et le principal moyen pour faire passer la “culture” des anciennes générations aux nouvelles générations, ce n’est pas la musique, ou la danse, ou le chant, ou le cinéma, ou la télévision, ou les arts, mais c’est surtout l’école, l’université, les livres, et les bibliothèques publiques.

Quelle est la différence entre ‘culture’ et ‘arts’ ?

La ‘culture’ est très différente des ‘arts’. Pourtant, des personnes, et même des institutions Étatiques, entretiennent des confusions, ou même une identification, entre la ‘culture’ et les ‘arts’. Nous avons déjà vu, plus haut, ce qu’est la ‘culture’, voyons maintenant ce que sont les ‘arts’ ?

Les ‘arts’ sont des activités, individuelles ou collectives, (qui peuvent être intellectuelles, manuelles, techniques, mécaniques ou autres), et qui produisent un spectacle, ou une scène, ou une présentation, ou un chef-d’œuvre, ou tout autre produit semblable. Ce produit artistique peut être stable dans le temps, ou éphémère. Il se caractérise par les valeurs qu’il porte, ou l’esthétique qu’il incarne, ou le patrimoine qu’il alimente. Ce produit artistique peut être recherché, ou désiré, parce qu’il suscite une sensation, une esthétique, ou un plaisir.

Ainsi, la différence essentielle entre la ‘culture’ et les ‘arts’ est que la ‘culture’ est une assimilation d’idées précises, de connaissances ou de données, à travers l’étude du patrimoine culturel humain écrit ; alors que les ‘arts’ sont des activités qui permettent de faire jouir autrui par un spectacle, une créativité, ou une sensation.

Et même si la ‘culture’ et les ‘arts’ portent tous les deux des sentiments humains, et bien qu’ils se mêlent dans certains produits, et bien qu’ils s’influencent mutuellement, nous ne devrions jamais les confondre.

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Annexe sur ‘l’aliénation’([4]) :

Le concept d’ «aliénation» équivaut au terme philosophique allemand ‘Entfremdung’, utilisé par le philosophe George Wilhelm Hegel (1770-1831). Plus tard, le philosophe Ludwig Feuerbach (1804-1872) a approfondi ce concept. Dans son livre «L’essence du christianisme», Feuerbach affirme que l’idée de Dieu asservit, ou enferme, ou dépouille, les caractéristiques de la «nature humaine». Karl Marx (1818-1883) a également développé ce concept. Ainsi, K. Marx a soutenu que «l’aliénation» est une conséquence systématique ou inévitable du capitalisme. Selon le cadre de son utilisation, ce concept d’«aliénation» peut signifier : la séparation entre deux choses qui sont habituellement assemblées, ou l’hostilité, ou la contradiction, ou la dissonance, entre des choses qui sont censées être en concorde, ou en harmonie. L’individu ‘aliéné’ devient étranger à son groupe, ou étranger à sa communauté, il peut aussi être séparé de sa propre «nature humaine». “L’aliénation” peut également signifier la survenue d’un désordre, d’une incohérence, ou d’une confusion, partielle ou temporaire, dans les aptitudes mentales, ou dans les compétences, ou dans les talents. «L’aliénation» peut aussi signifier l’état d’une personne qui a perdu une partie importante de son essence humaine, ou qui n’est plus consciente de ses relations sociales avec autrui, ou qui est devenue étrangère à elle-même, ou qui est soumise à l’action de forces profondes, ou hostiles, résultant de son activité privée habituelle, et cela en lien avec des conditions économiques et sociales déterminées.

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Rahman Nouda (écrit le 2 mars 2018, à Casablanca).

[1]  Des gens disent : «أنا لا أقبل أن أحرق دماغي».«لَا تْحَفِّي لِيَّ  دْمَاغِي».

[2]   Extrait du document en langue arabe «Soit une culture universelle, soit la décadence», de Rahman Nouda. Ce document peut être téléchargé à partir du blog de l’auteur : http://LivresChauds.Wordpress.Com.

[3] Voir l’explication de l’ ‘aliénation’ dans l’Annexe.

[4]   Citation prise du livre en langue arabe : «Critique du peuple», (نـقد الشعب) , de Rahman Nouda, Edition ‘Akher Saa’, Casablanda, 2017, p. 35.

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